28 févr. 2015

Fespaco 2015: Timbuktu sera bien là

Fespaco 2015

Timbuktu sera bien là

Le film Timbuktu sera projeté au Fespaco 2015. L'annonce a été faite par le ministre de la Culture burkinabè, Jean Claude Dioma le vendredi 27 février à la veille de l’ouverture du festival. La fiction du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, contrairement aux rumeurs qui circulaient depuis plusieurs jours, reste donc dans la sélection officielle du festival.

Une rumeur selon laquelle Timbuktu pouvait être déprogrammé du Fespaco pour des « raisons de sécurité » circulait sur Internet depuis plusieurs jours. Le président burkinabè avait même demandé aux organisateurs du Fespaco de maintenir la diffusion du film.
Après quelques jours de polémique sur le sort du film, le ministre de la Culture Jean-Claude Dioma a mis fin à toutes les supputations. Timbuktu subira le même traitement que les autres films. Il sera projeté dans les salles pour le grand public et le jury l’appréciera dans les mêmes conditions comme tous les autres films en compétition. 
Revenant sur les origines de la polémique sur la programmation de Timbuktu, Jean-Claude Dioma raconte : « Le film était projeté lors d’un festival en Europe, et Frédéric Korsaga ambassadeur du Burkina Faso en Belgique avait attiré l’attention des autorités burkinabè sur des risques d’attentat pendant la projection et il fallait prendre ces risques au sérieux ».
Afin de permettre un bon déroulement du festival, le ministre burkinabè de la Culture appelle les festivaliers et le public au calme et à la sérénité, car toutes les dispositions utiles sont prises par les services de sécurité burkinabè. 

J.W.B

Fespaco 2015: Les films en compétition

Fespaco 2015
 
Les films en compétition

La 24e édition du plus grand festival panafricain du cinéma et de la télévision démarre ce 28 février 2015 jusqu’au 7 mars prochain à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Parmi les 720 films envoyés, le Fespaco a retenu 134 films pour sa sélection officielle en cinq sections, dont 19 longs métrages en lice pour l’Étalon d’or de Yennenga, la Palme d’or africain.


Compétition long-métrage (Président du jury, le ghanéen Kwaw Ansah) :

  • Abl al Rabi 3(Avant le printemps) d’Ahmed Attef (Egypte), 
  • C’est eux les chiens d’Hicham Lasri (Maroc),   
  • Cellule 512 de Missa Hebié (Burkina Faso),   
  • Des étoiles de Dyana Gaye (Sénégal),   
  • Entre le marteau et l’enclume d’Amog Lemra (Congo Brazzaville),   
  • Lalla Fadhma N’Soumer de Belkacem Hadjadj (Algérie), 
  • Fièvres de Hicham Ayouch (Maroc),  
  • Four Corners de Ian Gabriel (Afrique du sud), 
  • Haïti Bride de Yao Ramesar (Trinidad-et-Tobago), 
  • J’ai 50 ans de Djamel Azzizi (Algérie),  
  • L’œil du cyclone de Salif Traoré (Burkina Faso), 
  • Morbayassa de Cheick Fantamady Camara (Guinée Conakry), 
  • O Espinho da Rosa (the thorn of rose) de Filipe Henriques (Guinée Bissau), 
  • Price of love (Prix de l’Amour) de Hermon Hailay (Ethiopie),
  • Printemps tunisien de Raja Amari (Tunisie),  
  • Rapt à Bamako de Cheik Oumar Sissoko (Mali),  
  • Render to Caesar de Ovbiagele Desmond (Nigéria),  
  • Run de Philippe Lacôte (Cote d’ivoire),  
  • Timbuktu d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie)

Compétition court-métrage (président du jury, la franco guadeloupéenne Firmine Richard)


  • A cœur ouvert d’Ayekoro Kossou (Benin),  
  • Aïssa’s Story (L’histoire de Aissa) d’Essien Iquo (Nigéria), 
  • Ashley d’Ibrahim Ibra Kwizeka (Burundi),  
  • Chambre noire d’Oumar Niguizié Sinenta (Mali),  
  • Cinq boîtes de lait de Siam Marley (Cote d’ivoire),  
  • Coming Home de Marinda stein (Namibie),  
  • Damaru d’Agbor Obed Agbor (Cameroun),  
  • De l’eau et du sang d’Abdelilah Eljaouhary (Maroc),  
  • Derniers recours de Mahi Bena (Algérie) 
  • Jin’Naariya(L’alliance) de Rahmatou Keïta (Niger),  
  • Kamelo de Jean-Claude Bourjolly (Haïti),  
  • Kwaku Ananse d’Akosua Adoma Owusu (Ghana),  
  • La Boucle(The loop), de Didier Cheneau (Ile de la Réunion), 
  • La dot, de Tahirou Tasséré Ouédraogo (Burkina Faso), 
  • Les avales du Grand Bleu, de Kossivi Tchincoun (Togo) 
  • Madama Esther, de Luck Razanajaona (Madagascar), 
  • Malika et la sorcière de Boureima Nabaloum (Burkina Faso), 
  • Moane Mory(L’enfant unique) de Pacôme Amédée Nkoulou Allogo (Gabon), 
  • Muruna de Moly Kane (Sénégal), 
  • Soeur Oyo de Monique Mbeka Phoba (RD Congo), 
  • Twaaga de Cédric Ido (Burkina Faso),  
  • Zakaria de Leyla Bouzid (Tunisie).

Compétition documentaire(Le sénégalais William M’Baye et la française Laurence Attali président le jury) 

  • 10949 femmes de Nassima Guessoum (Algérie),  
  • Ady Gasy(The Malagasy way) de Nantenaina Lova (Madagascar),  
  • Asni : Courage, passion and glamor in Ethiopia de Samuel Rachel (Ethiopie),  
  • Beats of the Antonov de Hajooj Kuka (Soudan),  
  • Devoir de mémoire de Mamadou Cissé (Mali),  
  • Egypt’s Modern Pharaons(les Pharaons de l’Egypte moderne) de Jihan El Tahri (Egypte), 
  • Esklavaj Reparasyon(Réparation de l’esclavage) de Jean-Luc Sylvain et Michel Miheaye (Togo/France ),  
  • Intore, entre la danse et l’art de la guerre de Aristide Muco et Aristide Katihabwa (Burundi),  
  • Koukan Kourcia, les médiatrices de Sani Elhadji Magori (Niger),  
  •  La sirène de Faso Fani de Michel K. Zongo (Burkina Faso),  
  • La souffrance est une école de sagesse d’Ariane Astrid Atodji (Cameroun), 
  •  Le chant des tortues de Jawad Rhalib (Maroc),  
  • Mantuila, un fou de la guitare de Michée Sunzu Tshimanga (RD Congo),  
  • Miners Shot Down de Desai Rehad (Afrique du sud), 
  • Momsarew(Le pari de l’Indépendance) d’Alassane Diagne (Sénégal),  
  • Paths To Freedom de Richard Pakleppa (Namibie),  
  • Sur les chemins de la Rumba de David-Pierre Fila (Congo Brazzaville),  
  • Sur un air de révolte de Franck Salin (Guadeloupe), 
  •  Tango Negro, ‘’les racines africaines du tango’’ de Dom Pedro (Angola),  
  • Victorieux ou morts mais jamais prisonniers de Mario L. Delatour (Haïti)

Compétition série TV (présidente du jury, la franco guadeloupéenne Firmine Richard)

  • « Eh les hommes ! Eh les femmes ! » de Woye Apolline Traore (Burkina Faso),  
  • Chroniques africaines de Marie-Christine Zmon (Cote d’Ivoire),  
  • Cœurs errants de Sorel Agbodemakou (Benin),  
  • Courses pour la vie de Francis Zossou et Tiburce Bocovo (Benin),  
  • Dougouba Sigui de Boubacar Sidibe (Mali),  
  • Du jour au lendemain d’Adama Roamba (Burkina Faso),  
  • La belle-mère d’Ebenezer Kepombia (Cameroun),  
  • Lex Nostra de Gérard Désiré Nguele Amougou (Cameroun), 
  • Tôt ou tard de S. Bernard Yameogo (Burkina Faso),

Compétition film des écoles(Le sénégalais William M’Baye et la française Laurence Attali président le jury)

  • ABC, Abloni bien choisi de Tchilalo Bebei Solo (Ecole supérieure des études cinématographique,Togo),  
  • Croix d’Agadez d’Amadou Dénis Paraiso Roufay Charifatou (Institut de formation aux techniques de l’information et de la communication, Niger),  
  • Délestage électrique de Karim Koné (Brico Films Formation, Mali),  
  • Dinan de Senami Kpetehogbe (Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel, Benin),  
  • Elise de Saho Venance Simon Zoh (Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel, Bénin),  
  • Et si Dieu avait tort ? de Palayikem Kpatchaa (Ecole supérieure des études cinématographique, Togo),  
  • Je danse, donc je suis d’Aissata Ouarma (Institut supérieur de l’Image et du Son/studio école, Burkina Faso),  
  • Kadi (Lantern) de Lawrence Agbetsise (National film and television institut, Ghana), 
  •  Kanko l’Ixelloise de Boubacar Sangaré (Institut supérieur de l’Image et du Son/studio école, Burkina Faso),  
  • Karité, mane des savanes d’Abossi Abenan Felicia Kouakou (Groupe BLM Formation, Côte d’Ivoire),  
  • Liberté emprisonnée de Sara Mikayil (Ecole supérieure des Arts visuels de Marrakech, Maroc),  
  • Sagar de Pape Abdoulaye Seck (Ecole supérieure des Arts visuels de Marrakech, Maroc),  
  • Stigmate d’une prêtresse de Prince Kong A. Maneng (Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel, Benin),  
  • The Traveller(Le voyageur) de Peter Sedufia (National film and television institut, Ghana),  
  • Wakman de Sékou Oumar Sidibé (Institut supérieur de l’Image et du Son/studio école, Burkina Faso)

Jérôme William Bationo 




20 févr. 2015

Art contemporain: Ces 10 Africains qui comptent au niveau mondial

Art contemporain

Ces 10 Africains qui comptent au niveau mondial


Galeristes ou commissaires d’expositions, ces Africains, artistes cotés, ont un rayonnement international. Ils exposent chez eux et à travers le monde, qu’ils appartiennent à la diaspora, soient ancrés dans leur pays ou en mouvement entre plusieurs continents. Leurs travaux parlent du passé colonial et de la post-colonie, mais reflètent aussi l’Afrique d’aujourd’hui : un continent créatif, reconnu et décomplexé.


Okwui Enwezor, la sommité

Basé à New York, ce natif de Calabar, au Nigeria, a fondé en 1994 le magazine d’art africain contemporain NKA, à New York. Directeur de la seconde Biennale de Johannesburg (1996-98), puis de la Documenta à Kassel (Allemagne, 1998-2002), des Biennales de Séville (Espagne, 2005-07) et Gwangju (Corée du Sud, 2008), il a aussi été le commissaire général de la Triennale à Paris (Palais de Tokyo, 2012). Cet esprit ouvert dit s’intéresser aux « changements historiques en cours dans les domaines de l’art, de la politique, de la technologie et de l’économie ». Directeur depuis 2011 de la Haus der Kunst (Maison de l’art) de Munich, il a été nommé directeur artistique de la prochaine Biennale de Venise, qui ouvrira en mai 2015. La consécration.

Sindika Dokolo, grand collectionneur

« Si nous ne disons pas au monde ce que nous sommes, si nous ne montrons pas le meilleur dont nous sommes capables, nous ne mettrons jamais un terme à l’incompréhension et à la condescendance ». Le mari d’Isabel dos Santos, fille aînée du président de l’Angola et richissime femme d’affaires, rêve à 42 ans de créer un musée d’art contemporain à Luanda, qui serait le premier du genre en Afrique. Né à Kinshasa d’un père congolais et d’une mère danoise, il a grandi à Bruxelles et Paris. Il est rentré au Zaïre en 1995 auprès de son père banquier, et y est resté après la chute de Mobutu. Grâce à ses propres activités dans le ciment, les telecoms, les mines et le pétrole, il a acquis plus de 1 000 œuvres d’art. Il les montre au public depuis qu’il a lancé une Triennale des arts à Luanda, en 2004.

Yinka Shonibare MBE, chevalier de l’Empire britannique
 
Cet artiste nigérian de 52 ans, très coté, a vu son travail mis en valeur en 2002 par Okwui Enwezor à la biennale de Venise, puis par Simon Njami dans l’exposition Africa Remix. Il vit à Londres, où il est connu pour ses habits victoriens faits en wax, ce fameux pagne « africain » qui ne l’est pas tant que ça… Tout est parti, explique-t-il, d’une question que lui a posée un jour l’un de ses professeurs d’art britannique : « « Pourquoi tu ne fais pas de l’art plus africain ? » Mais je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire. Et puis je suis allé au marché où je me suis renseigné sur le wax. J’ai appris que ce tissu a été fabriqué en Hollande à partir de motifs indonésiens, pour être finalement vendu à l’Afrique de l’Ouest où il est devenu très populaire. Donc, ces tissus sont multiculturels, comme moi. Les utiliser, c’est comme une blague : “Regardez ce que c’est l’Afrique typique !” ». Fait chevalier du « Plus excellent ordre de l’empire britannique » en 2004, il en ajoute les trois lettres (MBE) à son nom depuis, comme pour mieux en souligner l’ironie.

Simon Njami, découvreur de talents
 
« Quand on cherche l’Afrique dans l’art, on cherche quoi, à part des présupposés ? » Né en 1962 à Lausanne de parents camerounais, il a découvert sa « négritude » à Paris, adolescent. Une notion qu’il ne cesse de remettre en question depuis. Romancier à 23 ans, il a co-fondé à 29 ans, en 1991, le magazine d’art Revue noire, avec ses amis Jean-Loup Pivin et Pascal Martin Saint-Léon. Directeur des Rencontres africaines de la photographie de Bamako (2001-07), il a été commissaire en 2004 d’Africa Remix, une grande exposition qui a tourné trois ans et contribué à mettre l’Afrique sur la carte du monde de l’art contemporain. Tout en travaillant à son prochain roman, il a réuni en 2014, au Musée d’art moderne de Francfort, une cinquantaine d’artistes africains -pour moitié inconnus- autour de La divine comédie, un texte de Dante. Leurs interprétations de l’enfer, du purgatoire et du paradis font salle comble et tournent à travers le monde.

Romuald Hazoumé, installations à clés

Installé au Bénin, il s’est fait connaître avec ses masques faits à partir d’objets récupérés, bidons d’essence ou aspirateurs. L’une de ses dernières installations montre 2 000 cadenas fermés sur la jupe de la « déesse de l’amour », qui garde les clés comme des bijoux à ses oreilles et autour de son cou. « Dans le vaudou, c’est un acte très grave de fermer un cadenas et de jeter la clé », explique cet initié. Une pratique pourtant courante, sur certains ponts de Paris… Très coté, Hazoumé, 52 ans, fait partie avec le peintre congolais Chéri Samba de l’écurie de la galerie parisienne André Magnin. Il irrite parfois le monde de l’art. « Ce n’est pas parce que nous sommes Africains que nous devons nous dévaloriser, dit-il. Nous avons les moyens de faire les choses correctement ! Je refuse d’aller à la Biennale des arts de Dakar, parce qu’elle est très mauvaise… »

Linda Givon, galeriste à Johannesburg
 
Sa galerie Linda Goodman, du nom de son ancien mari, à Johannesburg, reste une adresse incontournable. Linda Givon, Sud-Africaine blanche de 78 ans, l’a fondée en 1966, contribuant à lancer nombre de talents noirs et blancs. Concurrencée depuis 2003 par les galeries Stevenson au Cap et Momo à Johannesburg, rachetée en 2008 par l’ex-consultante en finances et productrice de cinéma Liza Essers, la galerie reste la reine quand il s’agit de faire la cote d’un nouvel artiste. C’est chez elle que le tableau controversé du peintre Brett Murray, qui montrait le président Jacob Zuma nu, en exhibitionniste, a été vandalisé en 2012. Dans son catalogue figurent 40 talents, des illustres aînés William Kentridge et David Goldblatt aux jeunes en plein essor, comme le photographe Mikhael Subotzky, 33 ans, en passant par les quadragénaires confirmés : le peintre Moshekwa Langa et le plasticien marocain Mounir Fatmi.

Mounir Fatmi, le pouvoir de la déconstruction
 
Etabli à Tanger, Lille et Paris, ce vidéaste et plasticien marocain de 44 ans cultive l’art de mettre les pieds dans le plat. Partout où il monte ses installations, il donne à réfléchir et pose des questions. Sur l’islamisme, il a notamment réalisé une série intitulée « Save Manhattan », où il installe, entre autres, des volumes du Coran comme des Twin Towers, sous la légende : « Comprendra bien qui comprendra le dernier ». Sa biographie officielle indique qu’il « traite de la désacralisation de l’objet religieux, de la fin des dogmes et des idéologies », mais aussi de la « mort de l’objet de consommation ». Cet homme qui refuse d’être « aveuglé par les conventions » montre son travail en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient. Trois régions du monde où il a reçu des prix.

Mary Sibande, variations autour d’une robe bleue
 
L’identité, tel est le thème central du travail de cette Sud-Africaine de 34 ans, basée à Johannesburg et représentée par Momo Gallery. Fille et petite-fille de « maid », ces employées de maison qui portent toujours des uniformes pour servir dans les familles blanches, elle s’est créé un personnage : Sophie, son « alter ego », mise en scène dans ses installations, est vêtue d’un vêtement hybride. Une grande robe victorienne de couleur bleue ou violette, surmontée d’un tablier blanc de bonne. Titre moqueur de l’une de ses dernières expositions : « The purple shall govern », un jeu de mot entre la couleur violette et « The people shall govern » (Le peuple devra gouverner), un slogan de la lutte contre l’apartheid.


Koyo Kouoh, commissaire d’exposition axée sur la « matière première »
 
Installée depuis 1996 à Dakar, cette Camerounaise a étudié la finance et l’administration bancaire, mais a vite changé de voie. Directrice des Arts et de la culture à l’Institut de Gorée (1998-2002), commissaire indépendante lors des Biennales de Bamako en 2001 et 2003, conseillère culturelle pour l’ambassade américaine au Sénégal (2003-08), elle a ouvert en 2011 un centre d’art: Raw Material Company (« Compagnie de la matière première »). Sollicitée à Londres, Amsterdam et New York, Koyo Kouoh estime elle aussi que « l’art est politique, même si les gouvernements et les sociétés africaines ne le perçoivent pas comme tel ». L’important pour elle commence à la base : « L’artiste du quartier doit être reconnu comme le cordonnier ou le boutiquier pour son rôle dans la société. » Elle fait partie, avec Bisi Silva au Nigeria, Marilyn Douala Bell au Cameroun et Marie-Cécile Zinsou au Bénin, d’une nouvelle génération de femmes qui montent des centres d’art.

Omar Victor Diop, l’étoile montante du portrait
 
D’abord connu pour ses portraits d’artistes à Dakar et ses images de mode futuriste, il vient d’entrer en orbite dans le monde de l’art, à 33 ans. « N’exagérons rien, je n’ai pas non plus reçu le Prix Nobel », sourit-il. On le compare à Seydou Keïta ou Samuel Fosso, un photographe camerounais qui a fait des séries d’autoportraits. Il fait des jaloux, mais il trace sa route. Sa dernière série, « Diaspora », a fait sensation à Paris Photo en novembre. Dans ces douze autoportraits, il revêt les habits de personnages noirs devenus des personnalités en Europe, du temps de l’esclavage et des colonies. Ses tirages limités se sont vendus comme des petits pains. Parmi ses acheteurs, un certain Lilian Thuram, touché par son propos. Ses héros méconnus des XVIIe et XVIIIe siècle portent en effet des accessoires de… football. Un clin d’oeil à une autre forme d’excellence africaine, plus contemporaine.

 

source:rfi.fr

 

27 janv. 2015

Appel à candidatures: Festival International de Musique Urbaine d’Afrique au Bénin – F.I.M.U.A – BENIN 2015

Appel à candidatures:

"AZ COM PRO’ART-BENIN" lance l’appel à candidature international à l’endroit des artistes des pays comme : le Bénin, le Togo, le Burkina-Faso, le Niger, la côte d’ivoire, la Guinée Conakry, le Cameroun et le Gabon pour la 1ère édition du Festival International de Musique Urbaine d’Afrique au Bénin ( F.I.M.U.A – BENIN ). Ce festival vise à promouvoir la musique urbaine du continent et donner l’opportunité à la jeunesse africaine de découvrir la ville capitale du Bénin Porto-Novo dans son programme touristique. Le comité d’organisation informe tous les artistes que le festival se déroule en deux (03) différentes étape à savoir :
Dans l’objectif primordial de favoriser les contacts entre les artistes et acteurs culturels des pays africains et de faciliter le brassage culturel entre les talents africains de la musique urbaine, l’association culturelle pour la promotion artistique «

– La phase d’une présélection de deux (02) artistes représentants chaque pays ci-dessus cités
Le comité d’organisation après réception des dossiers envoyés par les postulants de divers pays procèdera à une présélection des dossiers reçus par pays sur des critères donnés. La liste des artistes présélectionnés sera rendu publique le Samedi 14 Mars 2015 via nos différents canaux de communication (radios partenaires, sites web partenaires, réseaux sociaux…etc.)

- La phase d’une grande compétition Radiophonique F.I.M.U.A.-BENIN 2015
C’est la deuxième phase très importante du F.I.M.U.A.-BENIN. Elle consiste à mettre en compétition les 16 artistes présélectionnés reparti en quatre (04) groupes de quatre (04) artistes. Le programme du déroulement des matchs sera rendu public le samedi 28 Mars 2015. Cette compétition se déroulera sous forme de match en direct sur la Radio Wêkê 107 FM tous les samedis de 16H à 17H et donne l’opportunité aux auditeurs de découvrir les artistes en compétition (musique et info) et de pouvoir accorder son point à l’artiste de son choix via les lignes téléphoniques de la radio par appels d’ici et d’ailleurs. Avant donc le jour du match, les artistes en compétition sont annoncés cinq (05) jours d’avance sur les réseaux sociaux et site web partenaires et les internautes ont également la possibilité d’accordé chacun un (01) point à l’artiste de leurs choix. En cas d’égalité des points au cours de la compétition radiophonique, le privilège est accordé à l’artiste qui a reçu plus de vote via les réseaux sociaux et sites web partenaires. Il est à noter que le vote sur internet donne deux (02) Points à l’artiste qui a reçu plus de vote.

NB : Pour permettre donc à tout le monde entier de suivre la compétition radiophonique en particulier les pays participants, le comité d’organisation mettra en ligne chaque numéro de l’émission spéciale « F.I.M.U.A. – BENIN » via le site web mondial www.youtube.com au plus grand tard 24H après chaque compétition.

- La phase finale du F.I.M.U.A-BENIN 2015
Une fois les deux finalistes connus après toutes les étapes précédentes, la grande finale de la compétition radiophonique qui aura lieu le samedi 18 Juillet 2015 connaitra la présence des deux artistes en studio. Elle sera suivie de la soirée de gala et de remise des Trophées à partir de 20H00 sur l’Esplanade de l’Assemblée Nationale du Bénin. Trois (03) différents Trophées sont à décerner. Il s’agit de :

Trophée officiel du Meilleur Artiste F.I.M.U.A.-BENIN 2015
Ce trophée sera décerné au lauréat de la phase de la compétition radiophonique de l’édition F.I.M.U.A.-BENIN 2015
 Trophée Ovation du Public : Ce trophée sera décerné à l’artiste ayant séduit beaucoup plus le public par sa prestation artistique lors de la soirée.
NB : Dans cette catégorie, les huit artistes quart-finalistes sont prises en compte.
 Trophée de l’artiste Espoir de l’Afrique : Ce trophée sera décerné à l’artiste 2e de la phase de la compétition radiophonique de l’édition.
- Les artistes désireux postulés sont priés de nous faire parvenir leur candidature à l’adresse ci-après : fimuabenin@gmail.com avec pour objet : Candidature F.I.M.U.A.-BENIN 2015 – (votre pays). Le dossier de candidature devra comporter les éléments ci-après :
• un dossier de presse (Press-book) de l’artiste
• 02 morceaux choisis des œuvres de l’artiste en format Mp3
• les textes écrits des deux (02) morceaux choisis
• une notification d’identité (votre nom et prénoms) ou une copie de pièce d’identité.
La date limite de dépôts des dossiers est fixée pour le samedi 07 Mars 2015.
NB : Seul les candidats présélectionnés seront contactés.
Pour plus d’information, veuillez s’adresser aux contacts suivants : fimuabenin@gmail.com ou au (00229) 95 71 89 48 / 97 17 36 61 / 97 85 22 79.
Le coordonnateur du festival

AXIOME GUÉRO

22 janv. 2015

«Rendez-vous chez nous» : Les arts investissent les rues du Burkina



«Rendez-vous chez nous»

Les arts investissent les rues du Burkina

Du 07 au 22 février 2015, les arts investiront les rues des villes de Ouagadougou, de Bobo-Dioulasso, de Boromo et plusieurs villages de la commune de Komsilga dans le cadre de  la 6e édition du festival «Rendez-vous chez nous». 


Cette année encore, deux semaines durant, Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Boromo et six autres villages de la commune rurale de Komsilga et l’enceinte de l’orphelinat de Loumbila seront le théâtre de multiples expressions artistiques d’arts de la rue. Se tenant dans le cadre du festival «Rendez-vous chez nous» du collectif ACMUR (Association Arts, Clowns, Marionnettes et Musique), la manifestation se tient pour la 6e fois consécutive.

Activité phare de la structure, «Rendez-vous chez nous» est un projet de production, de diffusion et de décentralisation des arts de la rue au Burkina Faso et dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Depuis 2009, le festival investit les rues de différentes villes du pays. Comme dans ses traditions et répondant aux objectifs de «démocratisation et décentralisation de l’art et de la culture» du collectif ACMUR, le festival s’articule autour d’un certain nombre d’activités. Pour cette sixième édition, la plateforme « Rendez-vous chez nous » propose, au-delà de l’aide à la création de spectacles de rue aux compagnies de l’Afrique de l’Ouest, des formations aux artistes, aux techniciens et aux équipes d’organisation d’événements culturels.

A cet effet, il est prévu, entre autres, la formation de huit directeurs d’action culturelle des pays ouest-africains. Il s’agit ainsi, à en croire les organisateurs, de développer le réflexe de la consommation des arts de la scène. En outre, une vingtaine de programmateurs de spectacles venant d’Afrique, d’Europe et d’Asie sont attendus pour toujours continuer à renforcer le réseau d’acteurs des arts de la rue qu’entretient le festival.

Boniface Kagambega
Axé sur le contact avec le public, «Rendez-vous chez nous » œuvre dans les zones urbaines comme rurale, ainsi qu’au sein des structures d’accompagnement d’enfants en difficulté comme ceux de l’orphelinat de Loumbila. Une dynamique qui permet aux bénéficiaires de découvrir les joies des arts de la rue et «d’échanger avec des artistes». En 2014, la plateforme a accueilli «117 000 spectateurs à travers le Burkina Faso qui ont pu assister aux 120 représentations des 50 compagnies venues de 8 huit pays », ont indiqué les organisateurs. Le marché est donc estimable et l’offre assez intéressantes avec plusieurs disciplines comme le théâtre, la danse, la musique, le cirque, les arts plastiques, l’art équestre, les marionnettes, le conte, etc.

Il faut noter que le collectif ACMUR, organisateur de ce creuset «est né en 2002, de la volonté de monter une structure porteuse de projets dédiés à la structuration, au développement et à la pérennisation des arts de la rue en Afrique de l’Ouest ». Outre « Rendez-vous chez nous », le collectif conduit d’autres activités dont l’organisation de la journée internationale des arts de la rue, a confié Boniface Kagambega, directeur du festival. En attendant, les cœurs battent dans l’attente du 7 février prochain, date de lancement des activités de cette sixième édition qui se tiendra autour du thème «Intégrité et transmissions».
Jérôme William Bationo

5 janv. 2015

«Je crois qu’il y a une réelle révolution à mettre en place dans nos états»: Khalid Tamer, président de la CITF



«Je crois qu’il y a une réelle révolution à mettre en place dans nos états»

Khalid Tamer, président de la Commission internationale du Théâtre francophone (CITF)

Homme de théâtre, véritable opérateur culturel avec plusieurs manifestations à son compte, il est le premier africain à la tête de la Commission internationale du Théâtre francophone (CITF). Khalid Tamer, puis-ce que c’est de lui qu’il s’agit, dans cet entretien qu’il nous a accordé à Cotonou (Bénin) en marge du FITHEB donne son appréciation de la Culture et du théâtre africain et trace les grandes lignes de sa mission à la CITF.


Qui êtes-vous pour nos lecteurs ?

Je suis Khalid Tamer, président de la Commission internationale du Théâtre francophone (CITF), directeur du festival Awaln’art à Marrakech. Je suis également vice-président de la biennal d’art contemporain de Marrakech au Maroc.

Vous êtes ici à Cotonou dans le cadre de la 12e édition du FITHEB, qu’elle est votre appréciation de ce grand festival qui tente de se relancer ?

J’ai vu des choses très intéressantes. Ce qui m’a beaucoup touché c’est la façon de mettre des spectacles dans la rue, dans l’espace public. Une chose pour laquelle je me suis toujours battu c’est d’amener le théâtre vers les gens et je trouve ça assez innovant. J’ai fait plusieurs FITHEB mais je n’avais jamais vu cela ; rien que pour ça je dis bravo aux organisateurs. Si j’ai quelque chose à ajouter c’est à l’endroit des autorités béninoises. Qu’elles accompagnent l’actuel directeur de l’évènement. Il a amorcé un travail très intéressant et je trouverai ça dommage qu’il s’en aille. Car, très souvent chez nous, en Afrique il y en qui aime trop le pouvoir et certains c’est le travail qu’ils aiment. Le FITHEB est en train de renaître avec plein de choses. C’était aussi intéressant de voir la grande implication de l’Etat à travers le ministre de la Culture qui était présent à plusieurs spectacles. Pour moi le bilan est satisfaisant et il faut continuer dans ce sens-là.

Vous avez été nommé à la tête de la CITF au cours de l’année 2014, quels seront vos grands chantiers dans le domaine du théâtre ?

Tout d’abord c’est un honneur d’être le premier africain nommé, en 27 ans, à la tête de la Commission
internationale de Théâtre francophone (CITF). Pour moi les grands chantiers c’est de ramener de plus en plus de public et d’équipes artistiques dans la CITF. Nous avons des financements pour accompagner les compagnies, malheureusement on rencontre très peu celles d’Afrique et c’est dommage. Je vais donc prendre mon bâton de pèlerin afin de susciter cela auprès des différents pays. J’étais dernièrement aux Récréâtrâles au Burkina, ensuite à Dakar pour une rencontre de réflexion sur le théâtre, là je suis au FITHEB et je vais continuer à aller voir les équipes assez travailleuses pour les faire savoir que la CITF peut les accompagner financièrement. Depuis que je suis à la tête de la commission nous avons créé ce qu’on appelle la bourse d’exploration de 5000 euros qui permet aux équipes d’aller à la rencontre d’autres compagnies francophones pour créer. Il y a assez d’information sur le site internet de la CITF.

En parlant du théâtre africain, pour certains observateurs il est en crise ; quel est votre regard ?

Ce n’est pas le théâtre qui est en crise, c’est une société qui est crise. On ne peut pas dissocier le théâtre de la société. Par contre je vois qu’il y a de nouvelles formes de théâtre qui sont en train de naître. D’ailleurs ça fait partie aussi de mes chantiers. C’est d’ouvrir le plus large possible le théâtre. Il n’y a pas pour moi une crise mais plutôt une ouverture vers d’autres formes d’arts et d’identités africaines. J’ai vu récemment ce qui se passe à Ouagadougou ou à Dakar et pour moi c’est un changement venant d’une nouvelle génération. Une jeunesse courageuse qui a beaucoup à dire sur les inégalités, la pauvreté, la politique, etc. On l’a vu au Burkina Faso avec un peuple jeune qui est sorti dans la rue par exemple. L’art c’est pareil, c’est un vecteur pour dire les choses à la population et je ne crois pas qu’il soit en crise. On est plutôt en manque de confiance pour certaines formes d’art. Le théâtre africain existe et doit exister ; et nous sommes là pour le défendre.

Comme pour d’autres formes d’arts, au niveau du théâtre il existe une chaîne de production et de promotion. Dans votre mission qu’est-ce qui sera fait à ce niveau ? Je parle notamment de ceux dans l’ombre comme les critiques, les administrateurs et les autres acteurs…

Il y a quelque chose de fondamental à savoir la formation. Formé c’est la base de tout. Il faut que nos états forment des critiques, des artistes, des diffuseurs, c’est-à-dire des gens qui créent mais aussi qui savent vendre sur les marchés. De nos jours le marché des arts est plus grand et c’est tout le monde entier avec internet par exemple. On peut être à Dakar, à Ouaga, à Bruxelles ou à Paris et vendre en Chine ou aux USA et vice versa. Je crois qu’il y a une réelle révolution à mettre en place dans nos états africains à ce niveau. Tout passe par la formation, si non on ne peut pas avoir de bons professionnels. Cette formation aux arts doit se faire partout, en milieu scolaire et/ou académique aussi. Il faut savoir qu’on ne peut pas s’arrêter sur des choses qu’on a mises en place il y a des années. Chaque fois qu’on avance on doit réfléchir autrement et la base de tout c’est la formation, c’est la transmission.

Revenant sur votre plébiscite à la tête de la CITF, dites-nous comment cela s’est passé ?


Le festival Awaln'art à Marrakech
J’étais expert pendant 4 ans à l’OIF et mes compères ont jugé nécessaire de me porter à ce poste en tant que premier africain. C’est donc avec fierté que je porte le drapeau de l’Afrique. Pour moi c’est une joie et une occasion de défendre l’art africain partout où j’irai. Je mettrai des ponts entre l’Afrique et le Moyen-Orient par exemple, où il y a très peu d’art africain. Je le ferai aussi entre le continent et les autres contrées. Le plus dure dans notre société c’est qu’on a l’impression qu’il y a deux Afrique et que le Maghreb est coupé de l’Afrique de l’Ouest par exemple. Mon combat sera aussi de mettre ensemble toute l’énergie africaine.

Vous étiez à Ouagadougou en Octobre 2014 dans le cadre des Récréâtrâles, que pensez-vous de ce qui se passe au Burkina ?

Comme je le disais plutôt, je pense que le théâtre est en train de renaître. Ce que j’ai vu à Ouagadougou est très intéressant. S’approprier le théâtre, le mettre dans des cours, comme c’est le cas avec les Récréâtrâles, je me dis, voilà une invention. C’est aussi casser des barrières et revenir à nos identités. Ce que j’ai vu est une vraie révolution africaine et tant que nous serons dans de telles dynamiques, le théâtre sera exportable. En tant que président de la CITF je vais me battre, pour faire exporter du théâtre comme par exemple un spectacle que j’ai vu en Mooré. J’ai vu du théâtre japonais sous-titré en France et il n’y avait pas de problème. C’est ça aussi la francophonie d’écouter nos langues.

Avec la crise économique, le financement des manifestations en Afrique a pris un coup. Même si nous savons que l’OIF soutient beaucoup d’entre elles, qu’est-ce qui sera fait, aussi bien pour interpeller les états qu’à votre niveau ?

La directrice aux diversités culturelles a mis en place un projet en réflexion avec l’ensemble des opérateurs culturels dont je fais partie, un programme contrat de confiance. On n’a plus envie de donner de petits moyens de 1000 ou de 2000 euros. Mais plutôt d’accompagner les projets francophones africains avec ce contrat de confiance.  A hauteur de 20 000 euros ou plus sur deux ou trois ans pour accompagner un opérateur culturel. C’est-à-dire que la personne qui aura ce budget aura trouvé d’autres partenaires, aussi bien étatiques, pour l’accompagner à vivre de son activité. Et permettre à l’état aussi d’avoir un retour, parce-que la Culture c’est aussi de l’économie. Dans des manifestations comme le FITHEB ou les Récréâtrâles on a beaucoup d’activités qui gravitent autour, telles la restauration, les hôtels, les taxis, etc. Il faut penser comment créer une économie culturelle et nous sommes là pour accompagner ces opérateurs à mettre en place une stratégie commerciale sur la Culture.


Jérôme William Bationo
Ouaga-Cotonou-Ouaga