3 avr. 2014

Joey, le «soldat» du rap burkinabè




Joey, le «soldat» du rap burkinabè
 
Avec son nouvel album baptisé Burkin Bâ, sorti en février de cette année, l’artiste fait le buzz aussi bien sur les réseaux sociaux que sur les chaînes internationales. Nominé aux Kundé 2014 dans la catégorie meilleur artiste de la diaspora, Joey le Soldat est la nouvelle coqueluche du rap burkinabè. Ne comptant plus les belles impressions et les éloges, avec cette œuvre, il signe ainsi le renouveau du hip hop au Faso.


« Je suis venu vous livrer du hip hop intègre, le hip hop des enfants de la princesse Yennenga. Je suis venu vous parler au nom des enfants qui naîtront demain, pour qu’ils puissent vivre dignement et manger à leur faim » : ces mots sont de Joey le Soldat, auteur de la toute dernière trouvaille du rap burkinabè, Burkin Bâ. A la suite de La parole est mon arme, sa première production, son 2e album, sorti le 11 février 2014, est un mélange de sonorités hip hop, électro ou ragga sur lesquelles se posent aisément des expressions en français et surtout en langues locales burkinabè, notamment le mooré. Au programme, des rimes percutantes, une verve indéniable et des beats martiaux. Refusant le châssis d’un cliché occidental, comme il le dit, Joey le Soldat propose un autre visage au rap burkinabè. «Un jour on m’a dit, Soldat, tu veux devenir une star ? Il faut que tu rappes en français ou en anglais», mais rien n’y fit.  Sous la houlette d’Akwaaba Music et de Tentacule Records, avec des beatmakers français, le rappeur, après avoir passé plus de dix ans dans «l’underground» du rap au Burkina, monte désormais à la lumière. Vainqueur du concours de clash au festival Ouaga Hip Hop en 2009, cet artiste a des choses à dire et il y met les formes. Dans cette œuvre mastérisée à Los Angeles par Dave Cooley, à qui l’on doit le son du célèbre label Stones Throw, outre avec son compère de tous les temps Art Melody du Burkina, l’artiste a eu l’occasion de collaborer avec des musiciens de divers horizons tels que la volcanique Guinéenne Anny Kassy dans le titre «Tempoco» ou le Togolais Elom 20ce, en mode ragga jamaïcain dans «Revolution» et répond à «Question d’honneur» avec Fils du béton de la France. Diplômé en lettres modernes, à 28 ans, le rappeur vit toujours chez ses parents et alternait des petits boulots (jardinier ou cafetier) avant l’entame de cette belle aventure qui s’annonce pour lui. Car, il faut le noter, Joey le Soldat est programmé ce printemps pour plusieurs grandes dates au cours d’une tournée européenne.

Jérôme William Bationo

1 avr. 2014

7e édition du festival «Rock à Ouaga»



Satisfecit pour les organisateurs

En marge de Bobo Dioulasso où les sons du terroir burkinabè battaient leur plein à l’occasion de la Semaine nationale de la Culture (SNC), Ouagadougou  a vibré au rythme du rock. En effet, l’Institut français a offert aux amoureux de ce genre musical l’opportunité de festoyer pendant 48 heures en son sein. C’était les 28 et 29 mars 2014.


«Rock à Ouaga», organisé par une association du même nom, est un festival annuel regroupant des artistes autour du rock et des musiques apparentées. Pendant deux jours, l’évènement qui s’est déroulé dans la capitale burkinabè a proposé aux mélomanes une série d’activités, notamment des concerts live avec des vedettes venues du Burkina Faso et d’ailleurs. Des Largués sous latérite aux  rockeurs des premières heures, entourés par les mercenaires du rock de la capitale burkinabè, Baba Commandant et Busta Gaenga, en passant par Mad Lenoir qui flirte aisément avec le rock, le jazz, le reggae ou l’afro-beat,  un style qu’il a d’ailleurs baptisé Afro-fusion ; ou bien encore la virevoltante Sessimè venue tout droit du Bénin avec son afro-pop énergique, la soirée d’ouverture de la 7e édition de «Rock à Ouaga» a été tout naturellement explosive. Viendra ensuite la seconde et dernière journée des activités. A la suite du concours de danse, des prestations d’artistes tels que le groupe Jaune Toujours de la Belgique, l’icône de la chanson burkinabè des indépendances, Abdoulaye Cissé, et bien aussi Derhan du Niger, pour baigner le public dans un pur rock touarègue, ont tout autant relevé le challenge de l’ouverture. Il faut dire que l’Institut français a tout simplement vibré, pour ces 48 heures, au vu de la belle brochette d’artistes qui se sont succédé sur le podium, au grand bonheur des amoureux de ce genre musical né aux Etats-Unis autour des années 50. Pour les organisateurs, la 7e  édition de la manifestation a tenu toutes ses promesses malgré la conjoncture mondiale, d’où une mention spéciale aux différents partenaires. En initiant un tel évènement, l’association vise tout d’abord à promouvoir la musique rock, à partager ce style avec le public mais aussi à permettre aux formations musicales et aux artistes de se trouver une véritable scène d’expression avec les possibilités d’exporter leurs talents. Nul doute donc que ce festival contribuera au déploiement de la création musicale au Burkina Faso et, dans la même dynamique, permettra d’offrir un réel cadre de découvertes et de brassages culturels en proposant au public de découvrir ou de redécouvrir la musique de John Lenon, de The Police ou bien d’autres.
Jérôme William Bationo

 

28 mars 2014

SNC 2014: Quel bilan ?



 Quel bilan ?

Débuté le 22 mars 2014, la Semaine nationale de la Culture (SNC), placée sous le parrainage de Kadré Désiré Ouédraogo, Président de la Commission de la CEDEAO, aura tenu le pari de l’organisation. Cependant, dans quelles conditions ? Bien malin qui saura faire le bilan de la 17e édition de cette biennale à quelques heures de la fermeture de ses portes.


«Promouvoir l’économie de la culture pour une contribution au développement durable», c'est sous ce thème que la Semaine nationale de la Culture (SNC) se déroule depuis le week-end dernier à Bobo Dioulasso avec des acteurs culturels venus d'horizons divers. A l’ouverture, le parrain de la 17e  édition avait particulièrement marqué la présente par un engagement fort de son institution, à travers la signature d'un accord de partenariat  entre la CEDEAO et la SNC. Toute chose que le ministre de la Culture et du Tourisme, Baba Hama n’a pas manqué d’accueillir hautement. Par la suite, tout au long de la semaine, place était faite aux concerts avec des artistes des quatre coins du Burkina, aux Grands prix nationaux des arts et des lettres (GPNAL) dans les catégories arts du spectacle et arts plastiques, à la compétition en sports traditionnels, au spectacle off de musique, d’humour, de danses traditionnelles et modernes. Il était aussi question de dédicaces d’œuvres, de panels et différentes conférences mais aussi d’exposition muséale.
Les plus jeunes n’étaient pas en marge avec l’espace enfants. Comme à chaque édition, une foire commerciale et la gastronomie étaient au rendez-vous au siège de la SNC. Si au début de l’évènement des confrères se sont plaints des conditions de travail, certains commerçants n’ont pas manqué de relever la timidité de leurs activités. Des situations qui, on le souhaite, auront évolué positivement au fil des jours pour le grand bien de tous. En attendant la proclamation des résultats et la grande nuit des lauréats demain, notons que plusieurs compétitions prenaient fin aujourd’hui, notamment celle des arts plastiques. Les différents jurés seraient même à pied d’œuvre pour donner le palmarès de cette 17 e édition de la SNC.
 
Jérôme William Bationo




Retour sur le palmarès des GPNAL 2012

Théâtre (10 œuvres étaient en compétition)

1er :Kam Sophie Heidi, avec « Qu’il en soit ainsi »
2e :Boubacar Dao, avec « Un cauchemar pour les hommes »
3e :Edouard Gnoumou, avec « Minuit sous le soleil »


Poésie (13 œuvres étaient en compétition)

1er : Hermann Y. Nacambo : « Turpitudes matinales »
2e : Wendaogo Zombré : « L’enfant commence à comprendre »
3e : Sanou Joseph : « Nature et symbiose »


Nouvelles (17 œuvres compétissaient)

1er : Justin Stanislas Drabo avec « Les confessions d’une muette »
2e : Alexis Pamtaba avec « Au travers des pérégrinations »  

3e : Kossi Sié Hien avec « Autant en finir »

Sculpture (13 œuvres étaient en lice)

1er : Edmond Kondolemkounga (Kadiogo) : « Droit de femme »
2e : Oumar Ouédraogo (Kadiogo) : « La parenté à plaisanterie »
3e : Roger G. Bambara (Kadiogo) : « Solidarité protectionniste »


Batik (8 œuvres étaient en compétition)

1er : Idrissa Zoundi (Kadiogo) : « Valorisation de nos richesses naturelles et culturelles»
2e : Hermann Y. Yonli (Kadiogo) : « Le rakiré (parenté à plaisanterie)
3e : Samuel W. Ouédraogo (Houët) : « Le Ben’naaba et sa troupe »


 Peinture (10 œuvres en compétition)

1er : Pouitba Ouédraogo (Kadiogo) avec « Tradition du dialogue »
2e : Elvis Aristide Bazongo (Houët) avec « L’émotion »
3e : Sié Kambou (Houët) avec « Enfant de la Rue »


Arts composites (8 œuvres étaient compétition)

1er : Julien Zongo ( Kadiogo) avec « Conservons notre culture »
2e : Sidikiba Camara (Houët) avec « Chevalet de la culture »
3e : André Junior Sanou (Houët) avec « Jeune fille et excision »


Danse traditionnelle (22 groupes)

1er : Ensemble culturel Kiswendsida (Kadiogo )
2e : Nikienta de Dédougou
3e : Warba de Bologo du Boulkiemdé.

Création chorégraphique (5 groupes)

1er : Ensemble artistique ACAMA, secteur 22, Signonghin (Kadiogo)
2e : Tamadia du Houët
3e : Troupe Yadéga du secteur 9 (Kadiogo).

Chœurs populaires (10 groupes)

1er : Sérékini (Houët)
2e : Benkadi de Darsalamy (Houët)
3e : Laafi-la-Bumbu de Ourgou (Manéga).

Musique traditionnelle instrumentale (19 groupes)

1er : Zoodo de Tiga (Gourma)
2e : Troupe Kabako (Banfora)
3e : Yiribasso (Dédougou)

Vedette de la chanson traditionnelle (19 groupes)

1er : Nékré (Sapouy)
2e : Bibata Nana, secteur 15 (Kadiogo)
3e  Nindja Ouoba (Gourma)

Orchestre (10 groupes)

1er : Orchestre de l’Université de Ouagadougou
2e : La trompette de l’espoir (Kadiogo)
3e : Walomia (Houët)

Danse traditionnelle pool jeunes (10 groupes)

1er : Yriba den (Houët)
2e : Compagnie Palin Wendé, secteur 2 (Kadiogo)
3e : Liwaga de Rouko (Bam)

Ballet pool jeunes (15 groupes)

1er : Les majorettes du Centre, secteur 17 (Kadiogo)
2e : Silué du Houët
3e : Troupe espoir de Koudougou (Boulkiemdé)

25 mars 2014

"Une couverture pour six" au Cartel



Lancement de la saison théâtrale

La saison théâtrale du Cartel a rouvert ses portes le vendredi 21 mars dernier. Devant s’étaler sur toute l’année 2014, les Ouagalais sont à nouveau invités dans plusieurs espaces pour découvrir différentes créations. Le bal a été lancé à travers «Une couverture pour six», la représentation d’une pièce d’Alain Hema.


 
Pour ne pas la laisser seule le jour de son anniversaire, parce qu’ayant un empêchement, un mari propose à sa maîtresse de venir passer du temps chez lui. Afin de justifier cette présence plus qu’inopportune vis à vis de sa femme, le mari invite aussi un de ses amis pour qu'il ait l'air d'être l'amant de la ravissante créature. Cependant, il ignore parfaitement que sa propre femme est la maîtresse de cet ami ! Dans la même foulée, la femme engage une domestique pour assurer le service pendant ce week-end. Pure coïncidence, la servante et la maîtresse se prénomment toutes deux Brigitte et ce petit détail va faire basculer cette organisation dans une cascade de quiproquos et d'imbroglios à n’en pas finir.... C’est ce qu’est «Une couverture pour six» d’Alain Hema. Cette pièce, proposée pour le lancement de la saison théâtrale du Cartel, est une comédie relatant un fait de société, «une situation d’amant et /ou de mari trompé», qui existe partout, dit-il. Une production qui est la réécriture, dans un contexte africain, de la pièce «Un pyjama pour six» de Marc Camoletti. Avec cette représentation, la saison théâtrale est ouverte, même si c’est avec un léger retard,  pour tous les amoureux du théâtre. Une situation qui s’explique par les activités des Récréâtrales qui se tiennent également cette année. «Il faudra noter aussi l’absence récemment de certains de nos artistes qui étaient au Masa», se justifie Alain. L’édition 2014 sera marquée par plusieurs innovations, notamment la décentralisation des spectacles, avec la participation des villes de Ziniaré et de Kombissiri, mais aussi les diffusions plus longues dans le temps. Le théâtre prend un certain élan au Burkina et il est important de «confronter permanemment les créations au public afin d’avoir des retours pour permettre l’amélioration de celles-ci», a-t-il en outre fait savoir. En prévision pour cette année, les mordus des belles créations auront au programme «Une couverture pour six», un spectacle de marionnettes, deux productions qui sortiront des Récréâtrales, à savoir «La malice des hommes», un texte de feu Jean-Pierre Guingané et «A petite pierre» de Gustave Akakpo du Togo, qui seront mises en scène par Aristide Tarnagda et Paul Zoungrana. Il faudra également compter avec le retour sur les planches d’Alain Hema «himself», qui jouera dans «L’ours» de Tchekhov, avec pour metteur en scène Ildevert Meda.

Jérôme William Bationo